Volume 16 - Issue 1: June 2022

Laurent Seychell (2021). Il-‘Lingwistika Fl-Approwċjar Tagħha’. Alta. Progress Press. ISBN 978-99957-1-867-1

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‘karen-camilleri’


Volume 1 6 , No. 1 ., 123 128 Faculty of Education©, UM, 202 2

BOOK REVIEW

Laurent Seychell (2021). Il-‘Lingwistika Fl-Approwċjar Tagħha’.

Annotated translation of Vėronique Schott-Bourget’s book, entitled

Approches De la Linguistique , originally published by Armand Colin

in 2014. Malta: Progress Press. ISBN 97899957 1 867 1

Recension de la version française vers le maltais et des annotations françaises de l’ouvrage Approches de la linguistique de Laurent Seychell publié en 2021, destiné aux étudiants de Lettres/arts et d’éducation, originellement composé en français en 2014 par Véronique Schott-Bourget Cette recension est originellement rédigée en maltais par Paul Zahra, traducteur professionnel à Bruxelles. Elle figurera dans la revue ‘’LAċċent’’, revue départementale de la langue maltaise au sein de la Commission européenne pour être ensuite mise en ligne sur le site Academia.edu Pour les étudiants de français à l’université de Malte, L. Seychell n’a besoin d’aucune présentation, étant donné que tout au début de ces quarante dernières années, il était le fondateur du département de Français en 1994 auprès de la faculté des lettres/arts. C’était justement lui, qui, au début des années quatre-vingts, a introduit la linguistique dans les études françaises auprès de la faculté d’éducation, au sein du cursus B.Ed. (Spéc.), et qu’il a continué à enseigner jusqu’à sa retraite. Ainsi, pour ses anciens étudiants, le nom L. Seychell est synonyme de la science du langage. Tout au long de sa carrière à l’université de Malte, L. Seychell est passé de la théorie linguistique, à son application à la pédagogie, en l’occurrence la didactique et la didactologie de l’enseignement du français, lorsque ces dernières années, suite à l’adhésion de Malte à l’Union européenne, il a pris l’initiative personnelle de traduire des œuvres linguistiques d’auteurs français du français vers le maltais et vice versa, ce qui lui a permis d’appliquer la linguistique au domaine de la traductologie.

À l’université de Malte, en tant qu’ancien étudiant de L. Seychell, je n’ai réussi malheureusement à assister qu’aux deux premières étapes de son travail. Cependant, j’ai pu suivre la dernière phase grâce à ses quatre ouvrages, entre

autres : La Traduction professionnelle aux multiples visages : français  maltais

(2008) ; La Traduction Spécialisée : L’Exemple de L’Énonciation en linguistique française (2011)/ It-Traduzzjoni Speċjalizzata : l-Eżemplju tat‘’Tlissina filLingwistika Franċiża” (2011) ; La Traduction Spécialisée : L’Exemple de L’Énonciation en Linguistique Française – Version Française de l’Annexe 3, Livret Complémentaire (2013) ; It-Traduzzjoni Speċjalizzata: l-Eżempju tat-“Tlissina fil-Lingwistika Franċiża” – Il-Verżjoni Franċiża tal-Anness Numru 3, Ktejjeb Kumplimentari (2013), ainsi que Approches de la linguistique/ “Il-Lingwistika flApprowċjar Tagħha” (2021), représentant sa toute dernière traduction, à laquelle je m’intéresse vivement dans le présent article. L’ouvrage de 2007 intitulé : Didactique des langues et interculturalité : l’erreur dans l’interculturalité (avec exercices d’application) , ainsi que ceux de 2008, 2011 (x2) et 2013 sont à la disposition des intéressés tant en français qu’en maltais au Département Littérature et art de la BnF. Si vous souhaitez vous en procurer un exemplaire vous pouvez également contacter L. Seychell en ligne au laurent.seychell@um.edu.mt Avant d’entrer dans le détail du contenu de l’ouvrage Approches de la linguistique/ “Il-Lingwistika fl-Approwċjar Tagħha”, je vais jeter un regard sur la présentation du livre. Dans le premier volet de la présentation de L. Seychell, le lecteur a à sa disposition la version originale et intégrale en français de la linguiste et auteure du texte d’origine, V. Schott-Bourget. Le texte, dans cette partie, est précédé d’une introduction générale, rédigée en français par L. Seychell lui-même en tant que traducteur, suivie de l’introduction en français qui apparaît dans la publication de V. Schott-Bourget. L. Seychell présente ensuite des annotations françaises ciblant un public francophone. Grâce à elles, il explique en développant ce qui se trouve dans le texte source. La deuxième partie du livre commence par faire voir la version en maltais de l’introduction générale en français rédigée également par L. Seychell. Cette introduction est suivie de la traduction en maltais de l’introduction originale de V. SchottBourget. Suite à ces deux introductions, suivent la traduction du texte source et les annotations de L. Seychell, mises en tant que notes de fin d’ouvrage. Celles-ci sont en copie conforme de la version maltaise. Comme nous pouvons constater, l’ultime but de L. Seychell est de pouvoir donner une publication miroir où les deux parties de son livre se reflètent de manière égale et authentique.

Dès que j’ai commencé à lire Approches de la linguistique en français, j’ai aussitôt senti combien cet ouvrage, publié originellement en français en 2014, aurait pu, nous autres étudiants, être utile dans les années 80, lorsque j’étudiais la linguistique française sous l’égide de L. Seychell à l’université de Malte, et ce pour l’obtention du diplôme de licence en éducation B.Ed. (Spéc.), entre 1981 et 1986. Ce travail ne se limite pas uniquement au contenu du texte lui-même, mais comprend également les 237 annotations de L. Seychell. Ces annotations servent soit comme clarification soit comme ouverture au contenu offert par V. Schott-Bourget. Lorsque je suis passé à la deuxième partie de la publication, en l’occurrence la traduction elle-même, j’ai remarqué l’utilité de “Il-Lingwistika fl-Approwċjar Tagħha” dans l’étude de la linguistique pour ceux qui ne maîtrisent pas suffisamment la version, mais qui souhaitent tout de même lire en traduisant professionnellement le travail de V. Schott-Bourget. Nous pouvons également dire que, grâce à ses annotations, L. Seychell considère cette traduction comme une suite de l’œuvre qu’il a lui-même traduite du linguiste français Dominique Maingueneau, particulièrement en ce qui concerne l’application aux études effectuées dans le domaine de la traductologie. Il faut ici insister sur le fait que dans les annotations, L. Seychell assume trois rôles : celui d’auteur, celui de traducteur et celui de traductologue. Auteur, étant donné que les annotations sont les siennes ; traducteur car tant dans la partie française que celle en maltais, il en traduit quelques-unes du français vers le maltais et vice versa, et enfin traductologue lorsqu’il évoque en élaborant plusieurs théories entre les deux langues. Grâce à cette traduction, L. Seychell s’est lancé dans une tâche difficile, surtout lorsqu’on considère que contrairement au domaine littéraire où la version (la traduction vers le maltais) remonte au XIXe siècle, ou à la traduction contemporaine non littéraire qui depuis l’adhésion de Malte à l’UE en 2004 devient plus régulière rares sont les traductions d’œuvres s’orientant vers l’énonciation et l’analyse du discours dans la langue d’arrivée. “Il-Lingwistika fl-Approwċjar Tagħha” ouvre donc un peu plus la fenêtre que L. Seychell luimême avait déjà ouverte grâce à ses traductions précédentes, en mettant l’accent sur plus de notions et de terminologies linguistiques, parmi lesquelles d’aucunes sont tout à fait nouvelles dans le contexte lexical maltais. Ces notions sont à la disposition du lecteur soit dans l’index terminologique du traducteur (pages 492 – 499) soit dans les annotations fournies par L. Seychell lui-même.

Une langue donnée est complexe ainsi que son étude scientifique et sociale (où sont impliqués tous ses domaines tels que la sémantique, le lexique/la lexicologie, la phonétique/la phonologie, la morphologie, la syntaxe, l’énonciation, le discours etc.). Ainsi, dans l’œuvre de V. Schott-Bourget et dans les annotations de L. Seychell, nous rencontrons une vaste étendue de notions qui ont à faire tant à cette complexité de la langue qu’aux études de la linguistique. Dans le travail de V. Schott-Bourget ainsi que dans celui de L. Seychell, le lecteur ou l’étudiant rencontre entre autres, de nombreux aspects pertinents aux analyses grammaticale et énonciative. Comme exemples, on repère la morphosyntaxique, la différence entre l’anaphore et la cataphore, la protase et l’apodose, la polyphonie, c’est-à-dire la participation de plusieurs voix dans la même phrase, contrairement à ce qu’on pensait d’antan d’avoir catégoriquement une seule voix dans une même phrase (Voir ce même ouvrage aux p. 255 note 156, p. 267 note 196, p. 258 note 200 (quatre fois de suite), p. 275 note 219, p. 276 note 221, et dans la conclusion générale du traducteur p. 171 – 172 etc.), les discours rapportés directement, indirectement et indirectement libre, la focalisation interne, les actes locutoire, illocutoire et perlocutoire, le cotexte/la distribution, les mécanismes linguistiques qui créent les présuppositions etc. Il y a aussi dans l’ouvrage de V. Schott-Bourget et plus particulièrement dans les annotations de L. Seychell, une référence à de nombreux linguistes et théories linguistiques. V. Schott-Bourget se réfère, entre autres, à Roman Jakobson et à sa théorie sur les six fonctions de la communication couplées aux registres de langue. Dans Approches de la linguistique , V. Schott-Bourget discute aussi, de manière détaillée du rapport logique où en français il existe certains mots subordonnants comme parce que et puisque qui à première vue s’interchangent, mais qui en réalité ont des emplois bien distincts et requièrent donc d’être compris de manière différente. C’est aussi L. Seychell qui en fait la différence d’emplois, d’un point de vue linguistique et énonciatif entre les deux subordonnants, en y ajoutant aussi le coordonnant car. (Voir pour plus de détails la note 156 de L. Seychell et sa traduction de 2011, comme Livre II p. 565, 566 notes 457 et 461, correspondant en français aux mêmes notes du Livret III complémentaire.) La traduction “Il-Lingwistika fl-Approwċjar Tagħha” de L. Seychell n’est pas conclusive. Effectivement, la tentative du traducteur est gratifiante et son travail doit être méticuleusement analysé et évalué pour que dans l’avenir, la traduction dans le domaine des ouvrages linguistiques continue à se perfectionner. Dans une certaine mesure, L. Seychell déblaie le terrain à des traductions semblables afin qu’on puisse être incité à les entreprendre. Ceci est

plus évident lorsqu’on rencontre, dans la traduction maltaise de L. Seychell, les exemples de V. Schott-Bourget, qui ciblent ceux qui étudient l’énonciation et le discours en langue française. Ces exemples illustrent les difficultés et les défis qu’a dû affronter L. Seychell pour les traduire. Néanmoins, il relève le défi en appliquant son travail à un contexte maltais. De cette façon, la traduction de L. Seychell est pertinente aux traducteurs maltais, de manière générale dans tous les domaines de la traduction maltaise et de manière particulière à ceux qui dans l’avenir souhaitent travailler sur des textes spécialisés de la linguistique. Elle peut servir d’analyse à ces derniers, leur permettant de mieux réfléchir à tout ce qu’il est nécessaire de faire dans ce domaine de la traduction complètement nouveau pour le maltais. La traduction d ’Approches de la linguistique peut être aussi considérée comme un pas en avant pour le maltais, qui a encore des difficultés à construire son lexique des concepts abstraits liés aux études linguistiques dans tous ses domaines. Effectivement, à cet égard, il reste encore beaucoup à faire afin que le maltais s’élève au même niveau atteint en langue française, qui assimile depuis des siècles les rhétorique, grammaire et dialectique etc. élaborées par différentes écoles gréco-romaines, dans lesquelles on trouve les racines de divers domaines linguistiques modernes et contemporains. Ceux qui sont familiers avec la linguistique ne peuvent pas ne pas apprécier la symbiose fine et à la fois forte et nécessaire entre elle et le processus traductionnel. Sans aucun doute, l’application de la théorie linguistique aide le traducteur à rapprocher autant que possible le texte de départ du texte d’arrivée. Métaphoriquement, nous pouvons dire que comme un phare, la linguistique illumine autour d’elle tout en montrant le passage du processus de la traduction que le traducteur doit entreprendre. De cette manière, tant les ouvrages précédents de L. Seychell mentionnés supra , tels que “Il-Lingwistika fl-Approwċjar Tagħha” que d’autres doivent être considérés comme pionniers et innovants. Pour cette raison, il est nécessaire de les étudier, analyser et évaluer méticuleusement pour servir de point de départ pour celui qui dans l’avenir sera tenté de faire de la traduction d’ouvrages semblables. Outre cela, les études linguistiques comme “Il-Lingwistika fl-Approwċjar Tagħha” sont utiles pour que s’élargisse la perspective du traducteur. Dans des moments de décisions, cette ouverture de perspective peut être cruciale au traducteur et peut laisser le fruit lui permettant d’obtenir l’équivalent nécessaire dans le texte traduit. Une vaste perspective linguistique aide inévitablement chaque traducteur à analyser et à mieux comprendre les mécanismes mis en œuvre dans les processus et dans tout ce qui relève de la linguistique. Ainsi, en ce qui

concerne la traduction “Il-Lingwistika fl-Approwċjar Tagħha”, est une référence utile pour celui qui souhaite approfondir en élargissant ses perspectives du processus de la traduction.

Karen Camilleri

Master 1 (Traduction et Traductologie)

Professeur de français,

Ancienne Directrice de l’Alliance Française de Malte – Méditerranée

kcami09@um.edu.mt

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